Je suis un animal

Le jour où je suis devenue mère, quelque chose a radicalement changé en moi. Moi qui me targuais d’être sophistiquée, en recherche perpétuelle de mon idéal glamour, je me suis mise à faire des choses pour le moins étranges…

Je renifle mon enfant, dans le cou, derrière l’oreille, je me fais des snifs de bébé, des shoots de Chat-Chat. Je la lèche, oui, tu as bien lu. Un peu de compote sur la joue ou de purée sur la main ? Pourquoi prendre une lingette, lécher ça va plus vite et en plus, ça la fait rire !

J’ai du mal à m’empêcher de grogner quand des mamies veulent la toucher dans le tram. Je sais qu’elles ne pensent pas à mal, mais c’est plus fort que moi, mon poil se hérisse. Je me demande si leur main est propre, je vire parano dans la seconde !

Moi qui ne supportait pas les fluides corporels, je masteurise l’accident de couche. La régurgitation ? C’est du pipi de chat. Mon enfant me bave dessus, me vomit dessus, voire me ch*e dessus, je ne bats pas un cil. Alors qu’avant, la simple vue d’une goutte de salive – même la mienne – me donnait des haut-le-cœurs.

En écharpe de portage, je me sens maman kangourou. Et que dire de mon ouïe ? Autrefois mon sens le plus faible, j’ai aujourd’hui une oreille de chauve-souris et peut entendre à travers une porte fermée son plus petit geignement.

Mon kiff, ce moment où mon animalité est à son apogée ? L’allaitement au lit, quand nous sommes couchées toutes les 2, blotties l’une contre l’autre, ses petits pieds calés contre mon ventre, sa petite main triturant un sein tandis qu’elle tète l’autre. Quand mon corps forme un C autour du sien. Le pire ? Je crois que je pourrais devenir très violente, perdre tout sens commun, si quelqu’un lui faisait du mal…

En devenant maman, je suis redevenue cet animal que l’Humain essaie d’oublier qu’il est. En rencontrant ce petit être pétri d’instinct de survie, j’ai renoué avec quelque chose de primitif. Parfois, je me dis que ces 9 mois de grossesse où la femme se recentre sur son centre ont favorisé cet état de fait. Il y a aussi l’accouchement, ce moment où tu ne peux pas rester glamour et sophistiquée. Nope, ce n’est juste pas possible. Tu vas grogner, gémir, hahanner, émettre des sons indescriptibles pour expulser ton petit. Et l’intensité des sensations va t’obliger à puiser dans des ressources qui n’ont rien à voir avec ce que t’apprend notre monde moderne…

Et, quand à la fin, tu te retrouves nue, baignant dans tes larmes, ta sueur et j’en passe, épuisée, comme une tortue retournée sur le dos, avec ce petit être si fragile et pourtant si fort, qui rampe sur toi pour se nourrir pour la première fois, tu sais que s’il faut donner ta vie pour lui, là, tout de suite, tu le feras sans la moindre hésitation.

Oui, je crois que le jour où je suis devenue mère, je suis redevenue un animal.

Et toi ? Ça t’as fait ça aussi ? Partage avec nous tes impressions sur cette relation si particulière.

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Hello ! Je suis Laure, serial net-shoppeuse, à la recherche perpétuelle des petites et grandes choses qui rendent la vie jolie. Je crois fortement au pouvoir de la gentillesse et de la bienveillance, c’est dans cet esprit que je partage ici avec toi mon expérience de loving mama. (En savoir plus)

 

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